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Toxicité pulmonaire des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire
Les pneumopathies immuno-médiées (IR-ILD) liées aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI) sont rares mais potentiellement graves. Leur fréquence est estimée à 3-5 % dans les essais cliniques, et jusqu’à 19 % en pratique courante. Bien qu’elles soient peu fréquentes, elles représentent une cause majeure de mortalité parmi les toxicités immunitaires. Les facteurs de risque incluent un âge avancé, le tabagisme, une pathologie pulmonaire préexistante, ou un antécédent de radiothérapie thoracique. Le diagnostic repose sur l’exclusion d’autres causes (dont l’infection et la progression tumorale) et sur un faisceau d’arguments cliniques, radiologiques, biologiques et éventuellement anatomo-pathologiques.
Les manifestations sont variables, allant de la toux légère à l’insuffisance respiratoire aiguë. Le scanner thoracique montre des anomalies évocatrices, le plus souvent bilatérales, avec plusieurs présentations considérées comme typiques. Le lavage broncho-alvéolaire et les biopsies pulmonaires peuvent appuyer le diagnostic. La prise en charge repose sur l’arrêt de l’immunothérapie (temporaire pour les formes modérées, définitif en cas de grade sévère), l’élimination des diagnostics différentiels et, le plus souvent, l’instauration d’une corticothérapie
Le pronostic peut être bon, surtout pour les formes peu sévères. Un possible bénéfice en survie globale a été observé, suggérant que ces effets secondaires pourraient refléter une bonne réponse immunitaire antitumorale. Toutefois, la réintroduction des ICI après une pneumopathie reste risquée, avec un taux de récidive pouvant atteindre 47 %. Une surveillance rapprochée est indispensable, et des études prospectives sont nécessaires pour guider le rechallenge.
EN
Pulmonary toxicity of immune checkpoint inhibitors
Immune-related interstitial lung diseases (IR-ILDs) due to immune checkpoint inhibitors (ICI) are rare but potentially serious toxicities. Their incidence is estimated at 3-5% in clinical trials, and up to 19% in real-world settings. Although uncommon, they represent a major cause of mortality among immune-related adverse events (irAEs). Risk factors include advanced age, smoking, pre-existing lung disease, or prior thoracic radiotherapy. Diagnosis is complex and based on exclusion of other causes (including infection and tumor progression), combined with clinical, radiological, biological, and, when available, pathological findings.
Symptoms range from mild cough to acute respiratory failure. Chest CT typically shows suggestive abnormalities, most often bilateral, with several recognized “typical” radiological patterns. Bronchoalveolar lavage and pulmonary biopsies may support the diagnosis. Management is based on discontinuation of immunotherapy (temporary for moderate, definitive in severe grades), exclusion of differential diagnoses, and, most often, initiation of corticosteroid therapy.
Prognosis is generally favorable in milder cases. Some retrospective studies suggest that the emergence of irAEs, including IR-ILD, may correlate with longer survival, possibly indicating an effective immune anti-tumor response. However, reintroducing ICI after an IR-ILD episode remains challenging due to a high recurrence rate, up to 47%. Patients must be closely monitored, and rechallenge should be considered individually, especially in severe initial presentations. More prospective data are needed to guide safe reintroduction strategies.